Les investisseurs étrangers se précipitent pour acheter des obligations chinoises comme nouveau refuge de rendement

Nous commençons aujourd’hui les bénéfices du deuxième trimestre avec Pepsi, et demain avec JPMorgan, Citi et Wells Fargo. Goldman fait son rapport mercredi et BofA et Morgan Stanley jeudi. Tout le monde surveillera les pertes sur prêts et les provisions pour pertes sur prêts pour le troisième trimestre. Si les résultats sont plus mauvais que prévu, une réaction brutale pourrait s’ensuivre, mais les PDG devraient parler vite et surmonter les données.

M. Gittler, de BDSwiss, a trouvé une corrélation intelligente entre les rapports de maladies et les performances boursières. Il semble montrer une tendance (et nous aimons la tendance) à la baisse de l’influence des nouvelles de la pandémie sur les marchés boursiers. Voir le graphique de BDSwiss. Notez que l’étude mesure la volatilité, et non l’évolution des prix. Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir accorder une grande confiance à la ligne de baisse, ne serait-ce que parce que d’autres mesures seraient directement pertinentes, comme les “faillites au-dessus de la norme”, mais c’est quand même amusant. Un autre point est que les économistes ne sont pas tous des experts et qu’ils peuvent parfois être utiles.

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Nous nous concentrons également sur la Chine cette semaine, en commençant par le commerce ce soir et en passant à l’habituel flot de données jeudi : les ventes au détail, la production industrielle et le PIB. Jusqu’à présent, le consensus est que la Chine se redresse bien. Voir l’article 2 ci-dessous.

Parmi toutes les données sur le point de nous submerger, nous nous demandons si un seul petit élément ne pourrait pas s’avérer critique : les ventes au détail en Europe. Il n’y a rien de tel dans les “ventes au détail de l’UEM” et nous devons procéder pays par pays, mais le CE a rassemblé des données assez encourageantes. Et non moins une autorité que Capital Economics dit voir “une preuve supplémentaire que les premières étapes de la reprise économique de la zone euro avaient l’air remarquablement en forme de V… Les restrictions ont été levées plus rapidement et les dépenses ont repris plus vite que nous l’avions prévu”. Tout cela se perd si une deuxième vague se produit. Le CE note que “le volume des ventes au détail a augmenté de 18 % par rapport au mois de mai, grâce à la réouverture des points de vente et à la volonté des consommateurs de mettre à profit une partie de l’épargne qu’ils avaient accumulée pendant la période de fermeture. Le rebond des ventes a été plus important que prévu et a ramené les dépenses à un niveau proche de celui de l’année dernière”.

Voici la question : pourquoi le CE présente-t-il, en première page, un article sur des données qui datent déjà d’un mois ? Le CE note que la production industrielle est bonne mais pas si bonne que ça, que les exportations (sauf celles de l’Allemagne) ne sont pas si bonnes, et que l’Europe à deux vitesses est encore très présente. Sans vouloir surinterpréter de façon folle, on a le sentiment qu’une meilleure reprise en Europe qu’aux États-Unis justifie un euro plus ferme. Peut-être que c’est aller trop loin, mais une meilleure gestion de la pandémie conduit à une meilleure performance économique et c’est quelque chose que le marché des changes reconnaît, malgré un écart de rendement minable. Un facteur clé de cette meilleure performance est un filet de sécurité plus large et plus solide pour les travailleurs, ce que les États-Unis n’ont pas. C’est une différence fondamentale et structurelle.

Pour ce qui est de l’avenir, nous avons droit à un tas de discours du gouvernement fédéral, mais le Congrès est absent jusqu’à la semaine prochaine, donc on ne peut pas s’attendre à de nouvelles initiatives de relance. Les nouvelles institutionnelles, s’il doit y en avoir, viendront des banques centrales du Canada et du Japon mercredi et de la BCE jeudi. Personne n’attend grand-chose, mais on ne sait jamais. Le goutte-à-goutte des histoires anti-Trump, anti-américaines et anti-dollar continue. Faites attention à ce que vous lisez : si tout ce que vous lisez est le NYT et Bloomberg, vous obtenez un biais par osmose. Si les bénéfices ne sont pas aussi mauvais que prévu (moins de 40 à 60 %) et que le marché boursier est florissant cette semaine, le dollar peut chuter sans qu’il soit fait référence à l’atout, à l’économie ou à la pandémie.

L’info : Les États les plus touchés par Covid-19 sont de moins en moins favorables à Trump lors des élections de novembre. Il s’agit de l’Arizona, du Texas et de la Floride. Est-ce une véritable corrélation de cause à effet ou une coïncidence ? Au Texas, un nouveau sondage montre que Biden 46 % et Trump 41 % sont en faveur de Trump. D’autres sondages montrent que Biden se situe entre 48 % et 42 % en Floride. Comme nous l’avons tous appris en 2016, attention à l’extrapolation.

Tidbit 2 : Bloomberg continue de battre le tambour sur le yuan chinois, mais le ton a changé ces derniers mois, passant de “menace pour le dollar américain” à un “point d’observation” plus sensible et réaliste. Divers responsables font l’effort de faire accepter plus largement le yuan comme monnaie mondiale, mais le yuan ne représente toujours qu’environ 2 % des réserves totales. De plus, les entreprises chinoises (et leurs banques) ont besoin du dollar. Pour arriver à ses fins, la Chine reconnaît qu’elle devra se débarrasser des contrôles de capitaux, ce qu’elle n’est pas encore prête à faire. Mais en même temps, Bloomberg rapporte que “‘la mondialisation du yuan dépend largement de la convertibilité des capitaux – ce à quoi la Chine n’est pas encore prête”, a déclaré Yu Yongding, un ancien conseiller de la Banque populaire de Chine. La Chine est confrontée à une série de sanctions financières américaines potentielles et nous ne pouvons même pas exclure la possibilité qu’un jour ils gèlent les actifs financiers de la Chine. Je crois que les régulateurs ont un plan d’urgence”.